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Commerce et Turquie favorisent la prise de risque, l'euro monte

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, tiraillées entre des nouvelles rassurantes sur le commerce international, la Turquie et le Brexit d'une part, et l'impact baissier du repli du pétrole et de l'appréciation de l'euro d'autre part, tandis que Wall Street se rapprochait de ses plus hauts.

La monnaie unique européenne a profité des commentaires de la Banque centrale européenne (BCE) sur l'évolution de l'inflation alors que le dollar souffre des chiffres inférieurs aux attentes des prix à la consommation américains.

À Paris, le CAC 40, qui a gagné jusqu'à 0,64% en séance, a fini sur un recul de 0,08% (4,01 points) à 5.328,12 points tandis qu'à Francfort, le Dax affichait en clôture un gain de 0,19% et qu'à Londres, le FTSE 100 perdait 0,43%.

L'indice EuroStoxx 50 a progressé de 0,21% mais le FTSEurofirst 300 a cédé 0,05% et le Stoxx 600 0,15%.

Le fait dominant du jour sur les marchés est l'invitation adressée aux autorités chinoises par l'administration Trump en vue d'un nouveau cycle de négociations commerciales, invitation accueillie favorablement à Pékin.

Même si rien ne garantit pour l'instant que des pourparlers auront bien lieu et si Washington peut toujours annoncer un relèvement des droits de douane sur 200 milliards de dollars (172 milliards d'euros) de produits importés de Chine, l'espoir d'une solution négociée est pris au sérieux par les investisseurs.

Autre facteur encourageant: la décision de la banque centrale turque de relever son principal taux d'intérêt de 625 points de base, de 17,75% à 24%, face à l'accélération de l'inflation et à la chute de la livre, une preuve d'indépendance de la politique monétaire juste après un discours du président Recep Tayyip Erdogan dans lequel il a de nouveau fustigé la hausse des taux.

De leur côté, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque d'Angleterre ont l'une comme l'autre, et sans surprise, laissé leur politique monétaire inchangée.

La BCE a confirmé préparer l'arrêt définitif de ses achats de titres à la fin de l'année et jugé que les risques entourant ses prévisions restaient globalement équilibrés tout en abaissant légèrement sa prévision de croissance; son président, Mario Draghi, a en outre évoqué lors de sa conférence de presse la perspective d'une accélération de l'inflation de base en fin d'année.

"Au final, la BCE pourrait avoir été légèrement moins 'colombe' que ne le prévoyaient beaucoup d'intervenants de marché", commente Holger Schmieding, économiste de Berenberg, dans une note.

CHANGES

L'euro a profité des propos de Mario Draghi sur l'évolution attendue des prix pour remonter brièvement à plus de 1,17 dollar pour la première fois depuis le 30 août et vers 15h55 GMT, la monnaie unique gagnait 0,4% face au dollar à 1,1671.

La monnaie américaine souffrait au contraire des chiffres inférieurs au consensus de l'inflation en août aux Etats-Unis, les prix à la consommation (CPI) n'ayant augmenté que de 2,7% en rythme annuel.

L'indice mesurant l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence recule de 0,16%. Il pâtit aussi des espoirs de détente sur le commerce, qui le privent d'une partie de son attrait d'actif refuge.

A l'opposé, la livre sterling a touché un plus haut de six semaines face au billet vert après des informations de presse faisant état de progrès dans les discussions entre Londres et l'Union européenne sur la frontière irlandaise, un point clé des discussions sur le Brexit.

La livre turque, elle, gagnait près de 3% à 6,16 pour un dollar en fin de journée à Istanbul après un pic à 6,01, son plus haut niveau depuis le 27 août, en réaction à la hausse de taux annoncée par la banque centrale.

VALEURS

Côté actions, les secteurs les plus sensibles à l'évolution des tensions commerciales affichent certaines des meilleures performances du jour, à l'instar de l'automobile, dont l'indice Stoxx européen a pris 1,04%, des hautes technologies (+0,66%) ou encore des matières premières (+0,40%).

Le compartiment bancaire a bénéficié du soulagement sur la Turquie: parmi les groupes considérés comme les plus exposés au marché turc et qui avaient souffert en août de la chute de la livre, BBVA a pris 4,28%, BNP Paribas 1,36% et UniCredit 0,57%. L'indice bancaire de la zone euro a gagné 1,06%

En tête du CAC, Michelin (+3,64%) a profité de la confirmation de ses prévisions de résultats financiers annuels alors que Publicis (-2,67%) souffrait des doutes exprimés par Credit Suisse, qui a abaissé son objectif de cours.

Airbus (-0,99%) a été sanctionné après les informations de Reuters sur le départ de son directeur commercial, confirmées peu avant la clôture par le groupe d'aéronautique et de défense.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait elle aussi dans le vert, le Dow Jones s'adjugeant 0,51%, le Standard & Poor's 500 0,48% et le Nasdaq Composite 0,9%.

Le S&P est monté en début de séance à moins de dix points de son plus haut historique du 29 août.

Les technologiques soutiennent la tendance: Apple prend 2,9% et fait mieux qu'effacer ses pertes de la veille en réaction à la présentation de ses nouveaux produits, Intel gagne 1,22% et Microsoft s'adjuge 1,13%.

Parmi les valeurs industrielles sensibles aux tensions commerciales, Boeing affiche une hausse de 1,25% et Caterpillar de 0,9%.

TAUX

Sur les marchés obligataires, les rendements américains se replient après les chiffres de l'inflation, le dix ans revenant à 2,86% contre près de 2,89% avant les statistiques du CPI.

En zone euro, les déclarations de Mario Draghi ont au contraire profité aux rendements, celui du Bund à dix ans ayant atteint, à 0,443%, son plus haut niveau depuis le 3 août pour finir la journée à 0,426%.

PÉTROLE

Le marché pétrolier est en forte baisse, les cours du Brent (-1,89%) et du brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) s'éloignant des plus hauts de quatre mois atteints mercredi.

Ce repli a été favorisé entre autres par le rapport mensuel de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), dans lequel l'organisation, tout en disant s'attendre à voir la demande mondiale se rapprocher du cap des 100 millions de baril par jour (bpj), souligne la montée des risques économiques susceptibles de peser sur les cours.

(Édité par Wilfrid Exbrayat)

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