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Du sport à l'hôpital de Toulouse pour les enfants soignés d'un cancer

L’hôpital des enfants du CHU de Toulouse propose depuis un mois des séances d’activité physique à ses jeunes patients soignés en cancérologie. Le sport leur permet de lutter contre les effets indésirables des traitements. Il s'agit du troisième pôle en France pour les enfants inauguré par la CAMI Sport et Cancer après Paris (hôpital Trousseau) et Clermont-Ferrand (hôpital Estaing).

11 ans, Vincent Perez est un jeune garçon plein d’énergie. Chez lui, en Ariège, il aime parcourir la montagne en VTT. Mais à l’Hôpital des enfants, où il multiplie les séjours depuis sept mois pour vaincre une leucémie, Vincent a parfois du mal à tenir en place. L’arrivée de Violaine Merzeau, praticienne en thérapie sportive, dans le service d’onco-hémato-pédiatrie a un peu changé la donne. La «coach » est là pour accompagner, deux fois par semaine, les jeunes patients dans des séances individuelles.

«Il faut que je me dépense ! Là je reprends du muscle, mais les fentes et les squats, c’est quand même difficile », avoue Vincent. Ce nouveau pôle Sport et Cancer (il en existe 21 en France développés par la CAMI Sport et Cancer) est le deuxième à Toulouse après celui de l’Oncopôle destiné aux adultes. Les 40 000€ annuels nécessaires à son financement sont pris en charge pour les deux prochaines années par les associations Laurette Fugain, Ligue contre le cancer 31, Sadir, Hôpital Sourire, 111 des arts et le groupe de protection sociale Malakoff Médéric.

Violaine Merzeau, praticienne en thérapie sportive propose des séances aux jeunes patients deux fois par semaine./ Photo DDM Valentine Chapuis

Eviter la fonte musculaire et réduire la fatigue

Le Dr Geneviève Plat, pédiatre au service d’hémato-oncologie de l’Hôpital des enfants, travaille depuis près de cinq ans sur ce projet. « Des publications scientifiques ont montré, chez les adultes, que la pratique d’une activité physique permet de réduire les risques de récidive des cancers et de diminuer certains effets secondaires des traitements, notamment la fatigue et la fonte musculaire (sarcopénie). Nous voulons l’appliquer à nos jeunes patients. Aujourd’hui en onco-hématologie pédiatrique, l’innovation ne vient pas des molécules – les mêmes sont utilisées depuis trente ans- mais des soins de support. Ces enfants sont les femmes et les hommes de demain, ils sont débordants d’énergie et font preuve d’une capacité d’adaptation qui nous émerveille tous les jours, nous devons leur donner toutes les clés. L’activité physique permet de faire travailler toutes les zones du corps mais aussi la tête », poursuit le Dr Plat.

«Chaque séance est une leçon de vie. Les enfants ne sont pas toujours motivés et quand ils disent qu’ils sont fatigués, ils ne font pas semblant. Je trouve des petites astuces pour les faire travailler sans qu’ils s’en aperçoivent, même s’ils sont assis. Dans ces moments-là, ils s’échappent de la maladie», résume Violaine Merzeau pour la CAMI Sport et Santé. Dans son pantalon aux couleurs de l’OM, Vincent a fini de travailler ses quadriceps, sa posture et son équilibre. Il peut rejoindre son copain de la chambre voisine pour aller gentiment taquiner les infirmières dans le couloir.

Le pôle Sport et Cancer de l'hôpital des enfants vient d'ouvrir grâce à la participation de plusieurs associations./ Photo DDM Valentine Chapuis

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