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Internet.Orange Labs lève le voile sur ses activités

Les travaux menés sur son site lannionnais, tout comme son rôle moteur dans l'économie locale, restent méconnus des Trégorrois. C'est ce qu'estime sa direction qui veut mieux les faire connaître.

On peut être le premier employeur de la région (1 200 salariés), l'un des acteurs majeurs de l'économie locale, et faire, pourtant, figure d'illustre inconnu. C'est en tout cas l'avis de Christian Gacon, le directeur du site lannionnais d'Orange Labs (recherche et développement) qui veut, aujourd'hui, faire savoir ce qu'on y fait et mettre en lumière l'importance de son rôle dans la filière des télécoms. D'où un petit coup de com' qui passait par une conférence de presse, mercredi 11 octobre, sur le site de Pégase.

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« Mystérieux »

« Nous sommes bien conscients que ce qu'on fait ici peut paraître un peu mystérieux à l'extérieur », note Christian Gacon, bien décidé à lever une partie du mystère en associant le personnel à la démarche pour que « chacun puisse expliquer ce que nous faisons », au-delà du seul cercle des initiés.

Son patron se fait pédagogue pour décrire le champ d'intervention des salariés d'Orange Labs. « Notre activité porte essentiellement sur quatre domaines : le réseaux historiques de télécoms, les réseaux domestiques, c'est-à-dire ce qu'on met chez les clients, comme la Live box, lancée en 2016, pour laquelle il y a eu une grosse contribution de notre site, et où on travaille maintenant sur la prochaine génération », explique-t-il.

« Nous travaillons aussi sur le cloud qui se développe très fortement, et auquel nous apportons constamment des enrichissements, et enfin le traitement des données, les data notamment, sur lequel notre site monte en puissance, notamment pour tout ce qui touche à la banque. »

Autre domaine d'intervention : la fibre optique « où l'on travaille sur des évolutions permettant la montée en débit, on devrait d'ailleurs obtenir des choses concrètes assez rapidement ».

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Partenariats

Et l'héritier du Cnet, par qui tout a commencé, ne travaille pas seul dans son coin, il développe aussi des partenariats avec ses voisins de Nokia et d'Ericsson. « On profite de la proximité physique pour travailler ensemble, et ça présente un intérêt pour Lannion. Nokia a ainsi pu obtenir des investissements sur son site grâce à nos travaux communs. Ericsson aussi, ça crée une dynamique locale qui profite à l'écosystème. »

Le personnel s'investit même dans ces coopérations indépendamment des initiatives prises par les groupes. En créant, par exemple, des associations interentreprises regroupant des salariés travaillant dans les mêmes domaines, sachant que la multiplication des échanges et des partages favorise la créativité.

L'une d'entre elles, Cap Trégor, est aussi un acteur de la formation et travaille à promouvoir la Trégor Valley auprès des jeunes chercheurs pas forcément attirés spontanément par la région.

Des jeunes sur lesquels compte aussi Orange Labs. En plus de ses 90 thésards et apprentis, 150 stagiaires y sont, en effet, accueillis chaque année. « Ce qui fait qu'ici, nous avons en permanence entre 200 et 250 jeunes », note Christian Gacon. Histoire d'irriguer constamment son site de sang neuf.

Un « Ti-Lieu » pour favoriser la co-innovation

Le « Ti-Lieu » a ouvert ses portes en juin dernier à Orange Labs, à l'initiative d'un collectif de salariés avec une participation financière de la direction.

Inspiré des fablabs, c'est, selon ses promoteurs, « un tiers-lieu, un espace de co-innovation pour tous les salariés pour se rencontrer en dehors de nos entités, apprendre, partager et fabriquer ».

Il se veut ouvert sur « l'écosystème local (fablab de Lannion, Ti Garage de Nokia), et en lien avec le réseau des autres tiers lieus Orange de Paris, Caen, Grenoble et Rennes. Il rend possible l'invention par le faire ensemble, en ouvrant à des individus l'accès à des outils de fabrication numérique ».

Les salariés y disposent de matériel, notamment des imprimantes 3 D, leur permettant de tester concrètement le fruit de leurs recherches. Alors que, jusque-là, il leur fallait faire appel à un prestataire extérieur pour fabriquer une pièce, maintenant leur propre robot s'en charge. Comme le note l'un des utilisateurs, « ça nous permet de tester, d'explorer, de casser », sans devoir passer à la caisse.

1 500 personnes sur le site de Pégase

D'après Christian Gacon, Orange Labs emploie « 1 200 salariés à temps plein en contrat à durée indéterminée », sur son site lannionnais du plateau de Pégase. Auxquels il faut ajouter« une centaine de CDD apprentis ou thésards », et « entre 50 et 100 stagiaires ». Ce qui fait que « nous avons environ 1 500 personnes sur le site en comptant les sous-traitants ». En matière d'emploi, « on arrive à avoir un flux de recrutement significatif avec douze embauches par an en 2016 et 2017, dont une moitié de chercheurs ».

La « quasi-totalité » de ces recrutements se fait parmi les thésards et les apprentis déjà venus travailler sur le site. Et si l'on en croit les jeunes invités, mercredi 11 octobre, à témoigner le site lannionnais d'Orange est vu comme un pôle de formation reconnu et attractif, même si Lannion « ne bénéficie pas forcément d'une notoriété extraordinaire », comme le reconnaît Christian Gacon.

Reste que, du côté des syndicats, on dénonce régulièrement les réductions d'effectifs se traduisant une pression managériale accrue sur les salariés.

Le projet de restructuration toujours à l'étude

La direction d'Orange travaille toujours sur son projet de restructuration des locaux de l'avenue Pierre-Marzin.

Le site compte quarante bâtiments édifiés il y a une cinquantaine d'années, sur un terrain de 33 ha, et qui ont accueilli jusqu'à 2 000 salariés dans les années 80. Aujourd'hui, seuls la moitié d'entre eux est utilisée.

Orange envisage de s'en séparer d'une partie pour concentrer ses activités dans de nouveaux bâtiments regroupés sur le coeur de la zone, en bordure de la route de Perros-Guirec.

Comme l'a fait récemment Nokia (ex Alcatel), qui a vendu une partie de ses immeubles à Lannion-Trégor Communauté (LTC), qui envisage, maintenant, de racheter de la même manière une partie des bâtiments d'Orange.

« Pour l'instant, rien n'est conclu, explique Christian Gacon, on en est à la phase de validation à Orange comme à LTC. Et il restera ensuite à déterminer un calendrier. »

Et, pour lui, « si on étudie un projet d'une telle ampleur, ça montre bien qu'on veut rester sur le site avec des effectifs significatifs à long terme ».

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