Sport

Le président de Bordeaux, Laurent Marti, en colère après la ..

Quelle est votre réaction à la blessure de Matthieu Jalibert en équipe de France?
C’est un vrai coup dur. Nous sommes un peu dépités. Au club, nous avons eu une communication avant sa sélection et après sa sélection. Avant, on a dit "attention, attention, attention". On ne pouvait pas se permettre d’exprimer une quelconque inquiétude une fois qu’il avait été sélectionné. On voulait que le gamin soit mis dans les meilleures dispositions. C’est un garçon qu’on connaît bien et qu’on a bien préparé progressivement. Mais il n’a que 19 ans, ne fait que 80 kilos et n’a fait son premier match que le 4 novembre (ndlr: sa première titularisation à l’ouverture contre Toulouse). On était inquiet, pas sur son talent et ni sa force mentale. Mais peut-on se permettre de lancer comme ça un gamin dans un rugby qui va beaucoup plus vite et qui tape beaucoup plus fort qu’il y a quinze ans quand on avait lancé Frédéric Michalak, mais aussi même plus fort qu’il y a cinq ans. On était limite colère, dépité. On se dit que ça aurait été beaucoup plus grave.

>> XV de France: Tournoi probablement terminé pour Jalibert

En avez-vous discuté avec Jacques Brunel, votre ancien entraîneur?
Non, je n’ai pas à intervenir sur les choix du sélectionneur. Mais je vous rappelle que, dès que nous avons appris la sélection de Matthieu, nous l’avons mis au repos à Newport, soit deux matchs avant le Tournoi alors que rien ne nous y obligeait et qu’on jouait la qualification (en Challenge européen). Nous en avions discuté avec Rory Teague (le manager de l’UBB) et qui m’a dit qu’il voulait au maximum le protéger et lui donner du repos. On a fait des sacrifices au club pour le mettre dans les meilleures dispositions. Mais je pense qu’il faut réfléchir très sérieusement, et pas seulement qu’en France, s’il est opportun de lancer des gamins de 80 kilos sur la scène internationale. Vous pouvez faire la maille en Top 14 et même vous en sortir en Coupe d’Europe mais le niveau international est un niveau au-dessus. Ça tape très fort. Samedi, c’est la violence du choc qui le blesse. En France, on a l’impression que nous sommes des imbéciles si on ne lance pas des jeunes. Mais c’est surtout imbécile de dire ça. Ça m’agace autant que le fameux french flair…

>> XV de France: pourquoi les Bleus y croient pour la suite du Tournoi

En voulez-vous à Jacques Brunel?
Non, je n’en veux pas à Jacques. Je ne suis pas là pour juger qui que ce soit ou quoi que ce soit. Je ne suis pas légitime pour ça. Si Jacques l’a lancé, c’est peut-être parce qu’il le connaissait trop et qu’il estimait qu’il n’avait pas beaucoup d’autres choix. Je ne veux pas rentrer dans une attaque personnelle. Mais c’est une erreur générale et globale de lancer des gamins de 80 kilos au niveau international. On les expose à de graves danger sur de la confrontation physique. A l’étranger, des gens de grande qualité se sont demandés pourquoi on le lançait si vite.

Vous allez en tout devoir vous passer de ses services de nombreuses semaines…
On nous a dit qu’il sera indisponible entre un à trois mois. Je peux vous dire qu’on va prendre très soin de Matthieu. Il m’a envoyé un texto pour me dire qu’il voulait se redonner à fond pour le club quand il reviendra. Nous, on veut qu’il prenne son temps et pas seulement pour l’équipe de France. Il a un énorme talent mais il fait lui laisser le temps de se construire. C’est ce que je lui ai encore dit tout à l’heure. On n’est pas encore un homme à 19 ans.

Most Popular

To Top
Secured By miniOrange