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Lutte contre la haine sur Internet: «Seuls 31% des messages ..

Le Mouvement antiraciste européen (Egam) a rendu public les résultats d’un testing réalisé pendant trois mois dans 14 pays européens, dont la France. Seuls 31 % des messages haineux signalés sur les réseaux sociaux sont supprimés après 24 heures. Un rapport, contenant une vingtaine de propositions, a été remis ce jeudi au Premier ministre. Il préconise d’accentuer la pression sur les géants du Net pour lutter contre la cyberhaine.

Messages racistes, antisémites, négationnistes, anti-musulmans mais aussi homophobes, sexistes ou anti-migrants… Les contenus haineux pullulent plus que jamais sur les réseaux sociaux. Alors qu’un rapport relatif à la lutte contre la haine sur Internet vient d’être remis au Premier ministre Edouard Philippe, le Mouvement antiraciste européen Egam (European Grassroots Antiracist Movement) a rendu publiques les résultats d’un testing réalisé pendant trois mois dans 14 pays européens, dont la France.

L’association a recensé et analysé les discours de haine présents sur les réseaux sociaux, et la manière dont ces messages étaient modérés par les grandes plateformes. « Cette opération, d’une ampleur inédite en Europe, avait pour objectif de vérifier le respect de l’accord signé le 31 mai 2016 entre Facebook, Twitter, Youtube, Microsoft et la Commission européenne (« Code of conduct ») », explique à 20 Minutes Benjamin Abtan, président de l’Egam. Ces entreprises s’étaient engagées à « avoir des procédures claires et efficaces pour examiner » les signalements de « discours de haine illégaux » sur leurs supports et à examiner la majorité des signalements « en moins de 24 heures ».

« Les réseaux sociaux ne respectent ni leurs engagements, ni la loi »

Les résultats du testing sont accablants. « Les réseaux sociaux ne respectent ni leurs engagements, ni la loi. Seuls 31 % des messages haineux signalés sont supprimés après 24 heures », explique Benjamin Abtan. Twitter est « le réseau le plus laxiste avec seulement 15 % des messages supprimés. Le taux de suppression est de 22 % sur YouTube, et de 55 % sur Facebook », ajoute Arthur Legendre, directeur de l’Egam.

A l’appui, de nombreux exemples publiés par le mouvement antiraciste. Comme ce message de haine anti-migrants posté en mars dernier en Italie, toujours visible sur Twitter : « Il faut que nous arrêtions de sauver les migrants, il faut que nous les laissions se noyer. Il faut que nous les noyions ou que nous les mettions à feu. »

L’Egam a indiqué qu’il allait déposer plainte en France, en Italie, en Pologne et en Croatie pour ces messages de haine signalés mais non supprimés par les grandes plateformes. « Ces messages ne doivent plus circuler avec permissivité. Il ne peut y avoir d’impunité pour les auteurs de tels messages de haine ni pour celles et ceux qui les diffusent », a expliqué à 20 Minutes le directeur de l’Egam.

La nécessité d’adopter « une législation partout en Europe »

L’Egam appelle donc les États européens à se doter de législations fortes. « La cohérence des législations nationales sera un atout pour peser face aux réseaux sociaux et faire reculer la haine en ligne, mais aussi hors ligne. Nous souhaitons que les pays en avance en matière de lutte contre la haine sur Internet, comme la France et l’Allemagne, mettent ce sujet à l’agenda des politiques publiques européennes », préconise Benjamin Abtan.

Le gouvernement français semble vouloir véritablement prendre position sur le sujet. Dans le rapport remis ce jeudi à Edouard Philippe, les co-rapporteurs Karim Amellal (enseignant franco-algérien), Laetitia Avia (députée LREM) et Gil Taïeb (vice-président du Crif) ont fait une vingtaine de propositions pour lutter contre le laxisme de ces plateformes, en préconisant notamment « la création d’une autorité de régulation des contenus illicites » sur internet, « l’instauration d’une procédure de signalement uniformisée des contenus illicites », mais aussi « de multiplier par 100 le montant des amendes, aujourd’hui trop dérisoires », a expliqué  la députée LREM Laetitia Avia.

Le Premier ministre a également indiqué qu’il souhaitait agir sur le plan européen. Edouard Philippe s’est dit intéressé par la proposition « de créer un statut particulier pour les plus grands réseaux sociaux et moteurs de recherche, dont le régime de responsabilité serait renforcé ».

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