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Maryse Pascau : «Il faut travailler à l'éducation affective et sexuelle ..

Hier se tenait à Toulouse la Journée d'Études «Plaisirs, sexualité et handicap», pour proposer des pistes de réflexion sur la sexualité des personnes en situation de handicap.

Maryse Pascau est présidente de l'association Afccc Occitanie, qui intervient notamment sur la question de la sexualité des personnes handicapées.

A quelles barrières peuvent se heurter les personnes handicapées dans l'expression de leur sexualité ?

Celle de pouvoir exprimer son désir, savoir dire ce que l'on veut, et à quoi on consent. Ensuite, chaque cas est différent, suivant le fait qu'ils aient un vrai désir d'être amoureux, le désir d'être dans la norme, ou encore un désir d'avoir des relations sexuelles et pas d'amour ou l'inverse. La vraie difficulté c'est qu'il y a toujours le regard des autres, notamment des parents : quel que soit l'âge de leur enfant, qu'il ait 40 ou 50 ans, ils le voient toujours comme un enfant.Pour la plupart des personnes, la difficulté vient aussi du fait qu'on ne les regarde pas comme des adultes, mais qu'on se concentre sur leur handicap. Donc eux ont tendance à aussi faire passer ce handicap en premier. Ils se disent souvent «je suis handicapé, donc c'est compliqué de trouver quelqu'un.»

Comment peut-on changer ça ?

Il faudrait qu'on les considère comme tout le monde. Il ne faut pas stigmatiser. Ensuite, il faut travailler à l'éducation affective et sexuelle.

Comment peut-on vivre sa sexualité dans les établissements spécialisés ?

Aujourd'hui les structures sont beaucoup plus ouvertes. On se base sur le fait de penser que chacun est une personne avant d'être un handicapé. Mais il faut comprendre la difficulté de rencontrer quelqu'un, alors que les occasions ne sont pas si fréquentes. Ce qui est compliqué, c'est aussi de vivre sous le regard de l'équipe. Ils vont leur demander ce qu'ils en pensent. Ce que l'on fait habituellement dans l'intimité se passe sous le regard des autres.

Est-il tout de même possible de vivre une sexualité épanouie ?

Bien sûr ! Mais cela dépend du regard des autres : des parents, mais aussi des usagers eux-mêmes. Il peut y avoir des regards de jalousie, des jugements. Il est tout de même possible d'avoir une vie affective, voire de couple. Ce qui reste compliqué est l'accès à la parentalité.

Pensez-vous qu'il serait bénéfique de mettre en place l'assistance sexuelle pour les personnes en situation de handicap ?

Pour un certain nombre de personnes, ça peut être très aidant. Mais ce n'est pas pour autant que tout le monde va être satisfait, car il y a aussi le fantasme d'avoir un amoureux, ce que n'est pas un assistant sexuel.

L'assistance sexuelle en question

Dans plusieurs pays, les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier d'une assistance sexuelle. Pratiquée contre rémunération par des professionnels de la santé, elle va du simple contact charnel à, dans certains cas, l'acte de pénétration. Ces pratiques, encadrées par la loi, ont vu le jour aux États-Unis dès les années 1980. En Europe, plusieurs pays l'autorisent : les Pays-Bas, le Danemark, l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche ou encore la Belgique, et surtout la Suisse, qui reste le pays où le statut d'assistant sexuel est le plus encadré. En France en revanche, le Comité consultatif national d'éthique s'est prononcé contre, en raison du principe de non-utilisation marchande du corps humain.

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