Mode

Mode : l'ordre et le désordre

Le 21 janvier 2018 : un dimanche pluvieux et, à la veille de la semaine de la Couture, une fashion crowd un brin fatiguée par la fin des collections Homme pour l'hiver 2018. Un moment morne. Quand à midi, est tombé un communiqué de presse. Et la mode s'est réveillée, revigorée par l'annonce de la nomination d'Hedi Slimane à la tête de la création artistique et de l'image de Céline, avec pour mission le développement des collections féminines, des accessoires, de la couture mais également de l'univers masculin et des parfums. Hedi Slimane revient donc chez LVMH (propriétaire du groupe Les Echos), où il avait créé Dior Homme avant de multiplier par trois quelques années plus tard le chiffre d'affaires de Saint Laurent - chez Kering. Et Céline d'afficher des ambitions globales et le créateur sa volonté d'un « projet holistique ». Mieux qu'un rappel, un nouveau lever de rideau après la pièce, plus classique, qui venait de s'achever.

Interroger les genres

Au jeu de l'intelligence des marques, Kim Jones, sur le départ de l'offre masculine de Louis Vuitton, a lui aussi tout compris. En sept ans, il n'a pas seulement créé une allure. Il a donné un style à l'Homme du numéro mondial du luxe, et un tempo aux aspirations du mâle contemporain, entre portabilité et désirabilité, jeu des registres et collaborations externes donnant le « la » à toute l'industrie.

Un équilibre rare. C'est à cette aune que se mesurent les propositions les plus marquantes de la saison. Elles peuvent être inspirantes, comme celle de Jonathan Anderson chez Loewe, multipliant les audaces côté prêt-à-porter et assurant une solide offre de sacs et de petite maroquinerie - essentielle dans une marque d'accessoires. Autre compréhension des enjeux business de l'industrie, celle de Virgil Abloh chez Off White qui prouve que ce roi des collaborations - avec Nike ou Timberland - sait aussi proposer un vestiaire « business casual » - une manière de montrer aux groupes suivant avec attention son travail qu'il peut être bankable.

De leur côté Carol Lim et Humberto Leon ont proposé chez Kenzo un double défilé homme et femme, assorti d'une performance, My sister's wedding, jouée en direct par des acteurs, filmée et diffusée en simultané sur grand écran avant une viralisation sur Instagram. Un moment de poésie et d'émotion virant à la « slow party » géante - un message de lien social en direction des millennials. Même intelligence des temps, mais sur un autre créneau, dans la manière dont Haider Ackermann chez Berluti, avance l'idée d'un « homme calme » face au chaos du monde. Un homme sûr de lui sans être dominateur, déterminé et poétique, coupes épurées et palette sensuelle aidant. Un homme postmoderne. Gageons que celui qu'Hedi Slimane prépare le sera également. La fin de l'homme n'est pas encore pour demain.

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