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"Nous sommes foot": le sport roi entre au musée, à Marseille – Le Point

Du foot en bas de la rue aux grandes messes des stades, l'exposition "Nous sommes foot" fait le tour d'un jeu devenu passion universelle, pour le meilleur et pour le pire, au Mucem de Marseille, du 11 octobre au 4 février.

A travers plus de 400 oeuvres, photos, vidéos ou objets, l'exposition veut lutter contre "nos a priori sur le football", certes "abimé par le foot business" mais qui "reste avant tout une pratique et une passion populaires", explique l'un des commissaires, Gilles Perez.

Le but est de faire mentir l'adage qui dit que "le public du musée ne va pas au stade et le public du stade ne va pas au musée", explique l'autre commissaire, Florent Molle, rappelant que la collecte des pièces avait demandé quatre ans de travail.

"Nous sommes foot" est divisée en onze sections, comme les onze joueurs d'une équipe, rassemblées en trois thèmes: passions, engagements et mercatos.

La première revient sur la "religion" du football, joué à tous les âges, par tous les gabarits, sous toutes les latitudes.

Sous la fameuse phrase du cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, "Le football est la dernière représentation sacrée de notre temps", un montage vidéo rassemble des moments de légende de l'histoire de ce jeu, connus parfois même des non-initiés, comme les deux buts de Maradona contre l'Angleterre, celui de voyou, marqué de la main, et celui de génie, en dribbles au milieu de la défense.

- L'équipe de Mauthausen

La pièce la plus saisissante est une cage avec des écrans sur trois murs et des baffles puissantes plongeant les spectateurs dans l'ambiance assourdissante des tribunes de grands stades populaires.

On se retrouve bien sûr au milieu du stade Vélodrome de l'Olympique de Marseille, et son sonore: "Aux armes !" chanté par les deux virages qui se répondent, mais aussi d'autres enceintes méditerranéennes, en référence au nom du Mucem (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée): ceux de l'Olympiakos Le Pirée ou du FC Barcelone.

La section Engagements raconte les nobles comme les sordides histoires du football, de l'équipe d'"apatrides espagnols" du camp de concentration de Mauthausen aux supporters ultras sionistes du Beitar Jérusalem qui ne veulent pas de joueurs musulmans dans leur équipe.

L'exposition n'occulte pas la face obscure du ballon rond: la violence et le racisme, avec les insignes nazis visibles dans certains stades, ou la marchandisation excessive.

Dans cet esprit, la troisième section, "Mercatos", revient sur le foot business, ses transferts millionnaires et ses joueurs-sandwiches.

Comme le dit la responsable des publics et de la programmation du Mucem, Cécile Dumoulin, l'exposition réussit à "montrer que le musée peut être un sport populaire".

10/10/2017 09:52:48 -          Marseille (AFP) -          © 2017 AFP

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