Santé

Santé : l'hépatite C bientôt éliminée ?

Guérir une maladie est le rêve absolu de tout médecin, chercheur ou industriel du médicament. Sauver toute une population. « Une seule vie ne suffit jamais, ajoute Pierre-Claude Fumoleau, président de la société biopharmaceutique Abbvie France. C’est si rare de se trouver dans une situation d’élimination d’une maladie. Et pourtant, on y est. »
En 2015, un premier traitement révolutionnaire sort des tuyaux, une molécule que se disputent trois laboratoires à quelques semaines près, et qui élimine l’hépatite C. « Nous n’avons pu soigner que les cas les plus urgents, remarque Pierre-Claude Fumoleau. La file active de patients était énorme. » Rien qu’en Nouvelle-Aquitaine, on compte 15 000 personnes atteintes d’hépatite C, parmi eux 5 000 ont reçu en traitement la fameuse molécule de première génération. Mais il reste encore 1 000 patients en attente de recevoir le médicament sans compter les 5 000 malades potentiels qui n’ont pas encore été diagnostiqués. Et c’est là qu’Abbvie intervient.

Une molécule pour tous

« Nous venons de mettre au point la seconde génération de molécule, plus performante que la première, qui ne s’adressait qu’à une catégorie de malades. Cette fois le médicament sera pangénotypique et simple, ce qui signifie qu’il sera efficace pour répondre à tous les génotypes, il en existe six différents. »

Abbvie, fruit de la scission de la société Abbott, solide de 125 années d’expériences, a seulement six ans. Spécialisée dans le médicament, elle se concentre sur l’innovation, et s’intéresse aux maladies « à fort besoin » : virologie, oncologie, immunologie, neurosciences. « On cherche à apporter de nouvelles réponses thérapeutiques, pour changer la vie des patients » relate le président d’Abbvie France.

Pris en charge par la Sécu

Fort d’un discours altruiste, pour ne pas dire vertueux, il est venu au premier Forum Santé Avenir avec sous le bras, cette grande nouvelle : un médicament miracle.

Mais il ne tient pas à aborder la question épineuse du prix de la molécule. « Il y a un an, balaye-t-il d’un revers de main, les laboratoires qui ont sorti la molécule et les autorités se sont mis d’accord sur les prix. » (NDLR : la concurrence fut rude). Bref, en juillet 2017, le nouveau médicament d’Abbvie obtenait une autorisation de mise sur le marché, tandis que la Haute Autorité de Santé validait la molécule, après évaluation, en décembre 2017. « Nous sommes en négociation des prix pour ce nouveau médicament, avec le Comité économique des produits de santé, en ce moment » s’excuse-t-il.

Du médicament, on ne peut dire le nom, encore moins le prix, mais on sait qu’il sera pris en charge par la Sécurité sociale.

Pierre-Claude Fumoleau met en avant, à juste titre, l’énorme bénéfice en terme de santé publique. « Aujourd’hui, on doit s’assurer qu’on va soigner tous les malades. C’est l’enjeu. Y compris ceux qui ne savent pas encore qu’ils sont malades. Nous avons besoin pour cela que l’État s’engage à mener une campagne de dépistage rapide, avec l’ensemble des acteurs sur le terrain. Et alors seulement, nous pourrons parler d’élimination de la maladie. »

Le médicament qui devrait être mis sur le marché dans quelques mois, comporte très peu d’effets secondaires, est simple d’utilisation et donc, guérit de l’hépatite C. Même s’il a un prix, les conséquences humaines sont indiscutables et les retombées économiques également. Un patient guéri ne coûte plus rien.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Most Popular

To Top
Secured By miniOrange