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Sport à la télévision : les députés s'attaquent au piratage

Le football en streaming explose en France et ailleurs depuis quelques années, au grand désespoir des chaînes payantes qui achètent à coups de centaines de millions les compétitions. Avec l’acquisition des Coupes d’Europe (de 2018 à 2021) par RMC Sport, le débat a été relancé. Car la Ligue 1 est toujours sur Canal + et beIN Sports, qui se partageaient la Ligue des champions ces dernières saisons (beIN avait toute l’Europa League). Trois acteurs et donc trois abonnements pour les fans de football, même si des offres transversales sont proposées par Canal et SFR.

Un rapport parlementaire consacré à la régulation audiovisuelle a été présenté ce jeudi à l’Assemblée nationale avec la problématique du piratage parmi les principaux thèmes.

Car Hadopi a un faible impact. En matière de piratage, en 2017, 16 millions de procès-verbaux de constat d’infraction ont été adressés pour 88 sanctions pécuniaires prononcées, essentiellement pour du piratage de contenu en peer-to-peer et donc pas pour du visionnage de matches de football en streaming.

Pour y remédier, le rapport suggère notamment de doter la Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) d’un pouvoir de transaction pénale, c’est-à-dire "une base juridique qui permet d’aller beaucoup plus vite", selon Aurore Bergé.

10 à 20% des audiences

Canal + estime à 500 000 la perte d’abonnés à cause du piratage. "Les gens piratent pour trois raisons : parce que c’est gratuit, parce que c’est simple et parce qu’il n’y a pas de sanction", poursuit la députée LREM des Yvelines.

Canal + revendique 4,8 millions d’abonnés à la fin du premier semestre 2018 et BeIN Sports a dépassé les 4 millions pendant le Mondial 2018. RMC Sport, qui a lancé son offre cet été, n’a pas encore donné de chiffres, indiquant juste "200 000 nouveaux abonnés" lors de la première journée de Champions League, occasionnant quelques problèmes techniques. 

Le piratage des retransmissions sportives en livestreaming – principalement le football – "est en plein essor", selon un rapport commandé par le Centre National du Cinéma et l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle. Ce type de piratage est utilisé en moyenne chaque mois par plus d’un million d’internautes et représente 10% à 20% des audiences TV selon les émissions.

Le match Paris – Barcelone (4–0) en 8e de finale aller de la Ligue des champions 2017 aurait rassemblé 332 000 "pirates", soit 21% d’audience "illégale" pour ce match diffusé par beIN Sports. En moyenne, le PSG et le Barça avaient attiré 1 605 000 téléspectateurs. beIN Sports a même enregistré un pic à 1 824 000 téléspectateurs. Il s’agissait d’un record à l’époque pour la chaîne qatarienne.

L’IPTV se développe rapidement

Capital a consacré un sujet en septembre au sujet donnant plusieurs chiffres. Selon les estimations données par la plateforme Similarweb, LiveTV, un des leaders du marché, a généré 25 millions de visites en juin et 20 millions en juillet, période prolifique avec la Coupe du monde. 

En France, le site a rassemblé 298 000 visiteurs uniques en juillet selon des statistiques Médiamétrie-NetRatings. Autres sites à succès, Treamonsport a eu 156 000 visiteurs en juillet, (après 312 000 en juin) et Rojadirecta 122 000 (après 256 000 en juin).

En plus du streaming illégal,  l’IPTV (Internet Protocol Television) illégale se développe rapidement : un boîtier sur une box Androïd pré-configuré permet de visionner des milliers de chaînes gratuites et payantes françaises et mondiales, pour une somme dérisoire, souvent moins de 10 euros par mois. 

Cependant, en France, c’est considéré comme de la contrefaçon, un délit dont la sanction peut aller jusqu’à trois ans de prison et 300 000 euros d’amende.

Une autre proposition envisage la fusion de la Hadopi et du CSA "pour créer une autorité unique de régulation des contenus audiovisuels". 

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