Education

Zones rurales : enquête chez les déshérités de l'Éducation nationale

Envoyée spéciale dans l'Aisne

C'est une campagne verdoyante où flottent des éoliennes. À 80 km de Charleville-Mézières, dans un paysage qui laisse deviner, au loin, les Ardennes, se dresse le village de Montcornet, en Thiérache, terre de désindustrialisation. Montcornet, ses 1200 habitants, dont le nombre diminue, sa place de la Mairie, où subsistent tant bien que mal les commerces, son école primaire, où une classe vient de fermer, son collège Charles-de-Gaulle. Ici, il y a seulement trois ans, un quart des collégiens disparaissaient tout simplement des radars de l'Éducation nationale à la fin de leur année de troisième. Parfois même avant.

«Le jour de ses 16 ans, un élève, fils d'artisan, absent en pointillé pendant l'année, est venu rendre ses livres en catimini à la loge», se souvient, encore surpris, Laurent Delattre, le principal de cet établissement de 200 élèves. Fin de la scolarité obligatoire! Dans cette zone enclavée de l'Aisne (Picardie), où l'entrée au lycée nécessite de faire au minimum 35 km pour se rendre à Laon, la «grande» ville la plus proche (26.000 habitants), les mentalités ne poussent pas à la poursuite d'études.

Montcornet n'échappe pas à ce manque d'ambition, si souvent décrit dans les territoires ruraux. La faute à un passé pas si lointain où, comme son grand-père ou son père, il n'était pas besoin de faire d'études, mais aussi d'un présent qui ne pousse guère à l'optimisme. Au collège de ...

En savoir plus sur :

                

Most Popular

To Top
Secured By miniOrange