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Bugatti 57 Sport Tourist Trophy, un pedigree en or

Certaines voitures valent plus que d'autres. Au propre comme au figuré. C'est le cas de la Bugatti Type 57 que la maison anglo-saxonne Bonhams va proposer aux enchères dans le cadre de sa vente parisienne qui se tiendra le jeudi 8 février, dans l'enceinte du Grand Palais. Ce modèle de course de la marque alsacienne peut se vanter de posséder un pedigree en or. Dixième automobile d'une vente qui en compte 138, cette Bugatti a émigré depuis 79 ans en Australie. Avant de s'envoler pour l'hémisphère Sud, le torpédo bleu portant le numéro de châssis #57222 a commencé sa carrière sportive en Europe. Selon Pierre-Yves Laugier, l'expert de la marque française, la 57 Sport est l'une des deux voitures de course 24 Heures produites par l'usine en 1935. Le châssis #57222, moteur n°224, commence sa carrière sportive le 7 septembre 1935 à l'Ulster, sur le circuit d'Ards. Le pilote Earl Howe mène son torpédo à la troisième place. Dans le compte rendu de la course, on peut lire que le huit cylindres de la 57 Sport est donné pour 160 chevaux et que la vitesse de pointe avoisine les 180 km/h. En janvier 1936, le concessionnaire parisien Dominique Lamberjack, au prix de 60 000 francs. Le torpédo TT porte un nouveau numéro de châssis: #57264/moteur 224. L'usine Bugatti a affecté l'ancien numéro de châssis à une nouvelle voiture de course. La voiture participe aux 24 Heures de Spa-Francorchamps avec Yves Giraud-Cabantous et Roger Labric, le responsable commercial de Bugatti. Radiateur endommagé à la suite d'une touchette à l'épingle de Stavelot, la 57 Sport abandonna.

Quant à Pierre Levegh, on sait ce qu'il advint. Passionné par la course du Mans qui rêvait de remporter, il multiplia les tentatives. En 1952, Pierre Levegh manqua de peu son objectif. Alors qu'il contrôlait la course, il effectua un surrégime fatal dû sans doute à la fatigue cumulée après 23 heures de conduite en solo au volant de sa Talbot. Mercedes s'était souvenu de l'exploit et pour l'édition 1955, d'associer Pierre Levegh à John Fitch sur l'une des 300 SLR engagées par l'usine. Levegh pénétrait dans la cour des grands. Il n'est pas certain que son expérience était suffisante pour piloter la machine allemande et pour tenir le rythme de calibres comme Juan-Manuel Fangio ou Stirling Moss qui faisaient aussi partie de l'armada Mercedes. La suite est tristement connue. Quelques heures après le départ, au moment des premiers ravitaillements et changement de pilotes, Levegh accroche l'arrière de l'Austin-Healey de Macklin qui a fait un écart sur la gauche, dans la ligne droite des stands, pour éviter la Jaguar D de Hawthorn qui vient de rentrer aux stands précipitamment. La Mercedes de Levegh décolle et transformée en projectile termine sa course dans les gradins bondés de spectateurs. Le bilan s'avère dramatique: plus de 80 morts et plusieurs dizaines de blessés.

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