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Clément Noël garde le même cap

Les Jeux olympiques demeureront toujours une compétition à double tranchant. Certains y consument leurs ambitions, broyés par la pression. D’autres s’y révèlent aux yeux du grand public. Insouciants. Alors qu’il n’avait encore que 20 ans et une dizaine de manches de Coupe du monde à son actif, Clément Noël a profité pleinement de cet accélérateur de carrière à Pyeongchang. Si certains vivent leurs premiers jeux comme un apprentissage avant d’essayer d’y briller, d’autres n’attendent pas. C’est le cas du natif de Remiremont, en Lorraine, qui a frappé un grand coup en décrochant la 4e place du slalom olympique. Tout près du podium.

Un classement inattendu qui ne lui laisse guère de regrets, comme il le confiait au Figaro : «C’est plus de la frustration que des regrets. Je ne peux pas en avoir. J’ai fait du mieux que je pouvais. J’ai réalisé deux manches à mon niveau et je ne vois pas ce que j’aurais pu faire de plus. Je peux refaire dix fois la course, je serai sans doute qu’une seule fois sur le podium. Donc oui, il y a une frustration d’avoir été à quatre centièmes d’une médaille olympique mais pas de regret vis-à-vis de ma performance. Et surtout une satisfaction d’avoir joué avec les meilleurs au monde sur un tel événement. Je n’ai pas baissé les yeux, je me suis exprimé comme il fallait. C’est de bon augure pour la suite.» La suite qui débutera ce 17 novembre par un slalom à Levi, inaugurant une nouvelle saison. Il y a un an, à la même époque, le Français avait fauté dès la première manche, son quatrième échec à ce stade en quatre épreuves de Coupe du monde. Mais depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.

« J’ai les mêmes entraîneurs, j’ai la même façon de travailler, j’ai la même façon d’aborder les courses, donc rien n’a changé de mon point de vue.»

Clément Noël

Champion du monde juniors avant de partir à Pyeongchang – avec plus de deux secondes de marge sur son dauphin ! -, Noël reste sur quatre Top 10 consécutifs, dont une autre 4e place à Kranjska Gora. De quoi aborder ce nouvel exercice avec un nouveau statut ? «Mon état d’esprit n’a pas changé, confie le Lorrain. Peu importe le statut ou les résultats de la saison précédente, la seule chose qui compte, c’est d’arriver prêt mentalement, avec l’envie de performer. Je veux essayer de faire du mieux que je peux sur chaque course et d’être dans la continuité de la fin de saison passée, sans me mettre de pression inutile mais sans m’endormir dessus également.» Ni sa première expérience olympique, ni ses premières performances en Coupe du monde n’ont bouleversé son quotidien : « J’ai les mêmes entraîneurs, j’ai la même façon de travailler, j’ai la même façon d’aborder les courses, donc rien n’a changé de mon point de vue. Si ce n’est que je ne peux pas nier qu’il y a plus d’attente autour de moi. Avant les Jeux, j’étais skieur et je me consacrais à fond à ce que je fais et après, c’est toujours le cas. Cela a été une super expérience, cela a changé la façon de voir mon sport mais ma personnalité, mon groupe sont restés les mêmes.»

Marcel Hirscher comme incontournable modèle

Néanmoins, en insistant, le slalomeur concède : «Les Jeux m’ont confirmé que c’était cela que je voulais faire et que j’ai le niveau de faire du ski. Cela m’a confirmé que j’avais choisi une bonne voie pour m’épanouir. Je ne me suis pas trompé en faisant du ski. Mais cette 4e place aux Jeux n’a pas agi comme un déclic. Je ne me dis pas d’un seul coup que je peux être un champion. Cela se travaille au fur et à mesure. Avec le temps, je deviens de plus en plus professionnel. J’aborde ma vie en pensant au ski, en m’y consacrant davantage.» Sans nourrir le sentiment que son ascension a été trop rapide : «Cela ne va jamais trop vite. Si j’ai fait les Jeux et si j’arrive à me qualifier pour les prochains Mondiaux, cela veut dire que je l’ai mérité et que j’ai le niveau. Mais il ne faut pas pour autant que je brûle les étapes et que je m’enflamme. J’espère obtenir de meilleurs résultats que la saison passée pour confirmer ma progression. Cela sera déjà très bien.»

Une ambition simple, qu’il étaye, la tête bien sur les épaules : «Mon objectif n’est pas encore les Championnats du monde, car je ne suis pas qualifié. Je veux réussir mon début de saison car ces premières courses seront très importantes pour la suite, notamment au niveau du dossard. Alors je ne vais pas être original mais je vais me concentrer course après course. Et si le début de saison se déroule bien, bien sûr qu’à ce moment-là j’aurais des ambitions sur les Championnats du monde.» Où il se frottera à la référence à ses yeux. «C’est difficile d’avoir un autre modèle que Marcel Hirscher. Il est bon partout, il gagne tout, il est fort physiquement, techniquement, mentalement. Il est réglé comme une machine, on a l’impression que rien ne peut le perturber. Je trouve cela hyper impressionnant. Et à côté de cela, il reste très humble, très respectueux de ses adversaires. Je trouve que c’est un immense champion et une belle personne.» A lui de suivre ses pas. A 21 ans désormais, comme il le dit lui-même justement, il «a le temps».        

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